Faute d’une gestion structurée, de nombreuses collectivités publiques perdent de vue les risques enregistrés hors bilan, les exposant de fait à des menaces dont elles ignorent les réalités.

Le premier groupe financier mondial, Citigroup voit son cours s’écrouler.
Il y a un an il était presque le premier à réagir à des pertes sur produits de gré à gré.

DSK, qui a le mérite de ne pas pratiquer la langue de bois et d’être lucide dans cette tourmente dit clairement le manque de visibilité et le manque de compréhension des décideurs et acteurs à ce stade.

L’étude des marchés, ce sont d’abord des sciences humaines : appât du gain, peur de perdre, effet de foule.
Ce sont également des mécanismes où l’information est cruciale et des facteurs mécaniques de flux et de fluidité.

Aujourd’hui il y a deux facteurs clef : liquidités et réalité opérationnelle.
Les liquidités ont été créées par la sphère privée grâce à l’explosion des montages de gré à gré depuis 10 ans.
En parallèle à une perte complète de la vision du risque, en particulier des risques enregistrés hors bilan : personne ne sait plus où ils sont, ni leur taille.

Hors bilan ne veut pas dire hors réalité : ces financements ont des échéances, il faut les renouveler.
Or maintenant l’on sait qu’ils ne reposent sur aucune réalité économique, donc personne ne veut refinancer.

Les mécanismes comptables et de surveillance de risque fonctionnent très mal, mais ont déjà permis de mettre à jour les risques des acteurs financiers. On a également vu que des audits (Type Seine Saint-Denis) ont révélé les expositions des collectivités publiques.
A ce stade, il n’y a pas encore d’informations sur les entreprises industrielles.
Malheureusement il est très improbable que de nombreuses trésoreries d’acteurs non financiers ne soient pas directement en péril…

Asatys Consulting suit de près tous ces développements et intervient pour aider ces acteurs à apprécier leur risque et structurer leur gestion.
Surtout à redresser leur organisation et à revenir aux fondamentaux.

"Les fondamentaux" ?
Ce sont simplement les règles d’organisation et de management qui font qu’un process doit être préparé et testé de bout en bout, qu’un opérateur doit être formé. Bref qu’il faut du temps pour opérer en sécurité. (La Nasa l’avait oublié, ça a donné Challenger…)

Pour les marchés, les fondamentaux, c’est l’organisation et la structure : les échanges doivent être centralisés, normalisés et connus de tous…
Rien qu’avec cela, on peut voir ou sont les risques.

A ce niveau macro, il sera besoin de réguler :
Normaliser les produits financiers, assurer la centralisation de l’information (listing officiel) extensions des structures de compensations et définition stricte des mécanismes d’appel de marge, y compris sur les prêts/emprunts d’actifs (Indispensables à la fluidité des marchés).

Ceci conduit aussi à un besoin de standardisation/centralisation des mécanismes de règlement livraison.
Cela pour assurer le suivi des risques : assurer la transparence sur les risques, les expositions, les positions ouvertes.
Ceci ne peut résoudre la crise actuelle, mais sera sans doute indispensable pour freiner de nouvelles crises à l’avenir.